L'invisible Poids

On ne voit pas toujours ce qui pèse.

C’est peut-être pour cela que je me suis tue si longtemps.

Il y a des douleurs qui ne crient pas, qui ne laissent aucune trace visible, aucune preuve acceptable. Des douleurs qui obligent à sourire quand le corps réclame le silence. On apprend vite à minimiser, à rassurer, à faire semblant d’aller bien — pour ne pas fatiguer les autres.

La maladie m’a appris une chose :
le monde écoute mal ce qu’il ne peut pas mesurer.

Après l’opération, je n’ai pas seulement dû réapprendre à vivre. J’ai dû apprendre à exister autrement. Avec un corps fragile. Avec une fatigue permanente. Avec cette impression étrange d’être revenue, mais jamais tout à fait. Comme si une partie de moi était restée de l’autre côté.

Ce livre n’est pas un cri.
C’est une présence.

Il est né de ces moments où la solitude devient trop dense, où les mots s’accumulent faute d’avoir été entendus. J’y écris la douleur, mais aussi ce qu’elle révèle : la lenteur, la lucidité, la nécessité d’une autre attention au monde.

Je n’écris pas pour être plaint.
J’écris pour que l’invisible cesse d’être nié.

Ces pages ne racontent pas seulement une maladie.
Elles racontent ce qu’il en coûte de continuer à vivre quand on n’entre plus dans les récits attendus. Quand le courage est silencieux. Quand la force ne se montre pas.

Si tu ouvres ce livre, fais-le sans hâte.
Il ne cherche pas à convaincre.
Il cherche à rester vrai.

Épuisé

Ibiza

39,99 €

Ibiza n’est pas un décor.
Elle n’est pas non plus une promesse.
Elle agit.
Depuis des années, l’autrice y revient.
Sans chercher à comprendre immédiatement ce qui s’y joue.
L’île traverse ses textes avant même qu’elle décide d’en faire un livre, comme
un lieu qui insiste, qui déplace, qui fatigue autant qu’il attire.
Ce livre ne raconte pas Ibiza.
Il observe ce qu’elle produit.
Ce qui se dérègle dans les corps, dans les rythmes, dans la manière d’habiter
le temps.
La fête y croise le silence, la mer répond à la nuit, et les récits anciens
coexistent avec les gestes les plus contemporains, sans jamais se contredire.
À travers fragments, seuils et retours, le texte suit une expérience partagée :
celle d’une intensité qui vide,
d’un départ qui ne conclut rien,
et de cette hésitation familière qui surgit toujours au moment du retour.
On se demande si l’on reviendra.
On doute.
Et pourtant, on revient.Ni guide, ni chronique, ce livre avance à hauteur de corps.

Il s’attarde sur ce qui reste après le passage :
la fatigue singulière,
le silence après le mouvement,
la sensation que quelque chose s’est déplacé sans se laisser nommer.
Né d’une phrase lancée un jour presque en passant — j’en ferai un livre —
ce texte tient parole sans bruit.
Il explore une île qui ne cherche pas à retenir,
mais qui laisse une trace durable chez ceux qui la traversent.
Un livre sur l’expérience d’un lieu.
Sur ce qu’il fait aux êtres.
Et sur cette certitude discrète, partagée,
que certaines îles ne s’expliquent pas —
elles reviennent.
                                                                           A toi, Ibiza.
                                                                         Benamer Dounia