Ibiza
Ibiza n’est pas un décor.
Elle n’est pas non plus une promesse.
Elle agit.
Depuis des années, l’autrice y revient.
Sans chercher à comprendre immédiatement ce qui s’y joue.
L’île traverse ses textes avant même qu’elle décide d’en faire un livre, comme
un lieu qui insiste, qui déplace, qui fatigue autant qu’il attire.
Ce livre ne raconte pas Ibiza.
Il observe ce qu’elle produit.
Ce qui se dérègle dans les corps, dans les rythmes, dans la manière d’habiter
le temps.
La fête y croise le silence, la mer répond à la nuit, et les récits anciens
coexistent avec les gestes les plus contemporains, sans jamais se contredire.
À travers fragments, seuils et retours, le texte suit une expérience partagée :
celle d’une intensité qui vide,
d’un départ qui ne conclut rien,
et de cette hésitation familière qui surgit toujours au moment du retour.
On se demande si l’on reviendra.
On doute.
Et pourtant, on revient.Ni guide, ni chronique, ce livre avance à hauteur de corps.
Il s’attarde sur ce qui reste après le passage :
la fatigue singulière,
le silence après le mouvement,
la sensation que quelque chose s’est déplacé sans se laisser nommer.
Né d’une phrase lancée un jour presque en passant — j’en ferai un livre —
ce texte tient parole sans bruit.
Il explore une île qui ne cherche pas à retenir,
mais qui laisse une trace durable chez ceux qui la traversent.
Un livre sur l’expérience d’un lieu.
Sur ce qu’il fait aux êtres.
Et sur cette certitude discrète, partagée,
que certaines îles ne s’expliquent pas —
elles reviennent.
A toi, Ibiza.
Benamer Dounia